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Lutte contre les coulées de boues

Face à la multiplication des épisodes pluvieux intenses, les fascines fonctionnent comme des filtres en piégeant les sables et les limons transportés par le ruissellement en maintenant ces particules au sein même des terres agricoles et en réduisant leur exportation par coulées de boue vers les voiries, fossés, habitations et finalement les rivières. Elles permettent aussi de limiter l’érosion sur plusieurs dizaines de mètres en aval en diminuant la vitesse de l’eau.

En effet, les coulées de boue représentent non seulement une perte drastique de terre arable pour les agriculteurs, de nombreuses heures de travail pour racler et dégager les voiries et les habitations touchées, sans compter le matériel et mobilier endommagés qui viennent gonfler les statistiques de production de déchets. À cela, il faut ajouter les frais d’analyse pour vérifier l’absence de pollution rédhibitoire et, le cas échéant, les frais de transport pour évacuer ces boues.

Les fascines font donc partie des nombreuses mesures d’adaptation et d’atténuation à mettre en place d’urgence pour rendre notre territoire plus résilient face aux conséquences des changements climatiques. Bien évidemment, ces fascines n’ont pas le pouvoir d’empêcher les fortes pluies de tomber ni l’eau de couler vers le bas, mais permettent de limiter les dégâts.

En amont de la fascine (côté prévention), il est possible de se tourner vers un modèle d’agriculture de conservation des sols. En aval, il faut continuer à utiliser tous les moyens d’atténuation possibles...

L’agriculture de conservation des sols, qu’est-ce que c’est ?

L'amélioration des pratiques culturales (ACS), qui s'inscrivent dans la démarche de stockage du carbone, permettent d'augmenter le stockage de matières organiques à la surface du sol sur le moyen et long terme. La stabilité structurale du sol est une propriété physique qui se définit par la capacité des agrégats à résister à l'action dégradante de l'eau de pluie (battance et érosion). Cette aptitude est garantie par la teneur en matière organique du sol et la teneur en calcium qui favoriseront l'activité biologique et le renouvellement des liaisons entre particules du sol.

Le Slake test

Le principe du Slake test est de soumettre la terre à l'action de l'eau afin d'observer sa résistance au phénomène d'érosion et de battance par l'état et la vitesse de décomposition de la motte. L'interprétation des résultats se fait à l'aide d'un chronomètre et par l'observation de la couleur de l'eau : plus la motte se décompose rapidement, plus la structure est instable. Sur la photo ci-dessous, à gauche un sol en non-labour et sans fertilisation à l’ammoniac anhydre, depuis 20 ans.

À noter que la commune de Mont-Saint-Guibert souhaite offrir une aide financière aux agriculteurs qui s’engageraient à suivre un accompagnement vers l’agroécologie. Des informations suivront prochainement.

Zone d’Immersion Temporaire (ZIT)

Depuis début juillet 2024, la ZIT du Linchet à Corbais est effective. L’ancien bassin d'orage s’y trouvant a été complété par une zone de débordement de 11.000m3, représentant un coup de 125.000€ (75.000€ pour les travaux et 50.000 pour l’acquisition des parcelles). Grâce à cela, les eaux de ruissellement en provenance des parcelles agricoles environnantes lors des épisodes de pluies intenses seront davantage retenues, afin de lutter contre les inondations.